Le groupe a célébré son anniversaire ce 12 juin dans le parc thermal de Vittel, là même où l’initiateur de cette saga familiale posa la canalisation de l’eau de la source Hépar en 1906. L’entreprise de 85 personnes spécialisée en plomberie, chauffage et climatisation ouvre un nouveau chapitre de cette longue histoire à rebondissements.

Quel meilleur écrin que le majestueux théâtre Charles Garnier au cœur du parc thermal de Vittel (Vosges) pour fêter les 120 ans d’histoire d’une entreprise du BTP solidement ancrée sur son territoire ? Le groupe Jules Cunin, un regroupement de PME totalisant 85 salariés (chiffre d’affaires de 20 millions d’euros en 2025), a célébré sa saga familiale débutée en 1906, ce 12 juin devant un important parterre d’élus, de salariés et de partenaires.

Grandiose, le lieu est aussi symbolique. En effet, le fondateur de l’entreprise, Jules Cunin, a posé ses valises dans la région de Vittel-Contrexéville à l’aube du XXème siècle pour installer la conduite destinée à acheminer l’eau de la source Hépar jusqu’à l’usine d’embouteillage située au milieu du parc thermal. Son arrière-arrière-petit-fils, Jules Cunin âgé de 36 ans, évoque « cent vingt années d’histoire, de savoir-faire, de passion et surtout d’aventure humaine. Depuis cette époque, cinq générations se sont succédé avec la même volonté : construire, transmettre, innover et rester fidèles à nos valeurs », énonce l'actuel dirigeant.

Cet anniversaire marque aussi un trait d'union entre passé et avenir. Il offre l’occasion de revenir aux racines du patronyme « Cunin » quelque peu chahuté par l’actualité de ces dernières années. En effet, en novembre 2022, Serge Cunin, le père de Jules, revend ses participations dans Cunin Contrexéville et ses filiales Couvracier Est, Weisrock Vosges, Cunin Construction Maintenance, Cunin Epinal et Brocard. Cet ensemble d'entreprises de 270 salariés spécialisées dans les lots techniques du bâtiment (plomberie, ventilation-climatisation, électricité industrielle, couverture-étanchéité) passe dans le giron du groupe Morlot.

Jules Cunin quitte alors son fauteuil de directeur général pour repartir de zéro en fondant Jules Cunin Vittel, fin 2022. Avec Fatima Pereira, directrice générale et actionnaire de la nouvelle entité, ils redémarrent sous cette dénomination une activité de plomberie, chauffage, climatisation et pose de salles de bains à Vittel dans les anciens locaux du fabricant de bouchons en plastique Solocap. Entrée comme apprentie il y a vingt-cinq ans chez Cunin Contrexéville, Fatima Pereira se souvient avec émotion de la relance, évoquant le moment « où on a démarré les ordinateurs, sans aucun client au portefeuille et une petite équipe de quatre compagnons pour réaliser les chantiers. » Dans le même temps, le dirigeant fonde le groupe Jules Cunin, regroupant les sociétés non cédées

Or en parallèle, l’aventure du groupe Morlot ne durera pas plus de 30 mois, ses différentes filiales ayant fini par être placées en redressement judiciaire ou en procédure de sauvegarde. En avril 2025, le tribunal de commerce de Dijon met définitivement un terme à cette brève histoire entrepreneuriale sans doute montée trop vite en puissance. Il valide l’offre de reprise déposée par le groupe français du BTP NGE pour les activités de charpente, construction bois, chauffage, ventilation, climatisation, plomberie et enveloppe du bâtiment.

Lien conservé avec les eaux minérales

L'histoire à rebondissements et tiroirs multiples n'était pas simple à lire. « Pendant ces deux années et demi, une certaine confusion s'est instaurée entre les différentes sociétés dénommées Cunin. La célébration de nos 120 ans est l’occasion de revenir aux fondamentaux et de rappeler que nous sommes porteurs de cette histoire », insiste Jules Cunin. Sa société de chauffage-plomberie compte aujourd’hui 12 salariés (chiffre d’affaires de 2 millions d’euros en 2025) et se positionne principalement sur les marchés du particulier (60 % de l’activité), du tertiaire (15%), des bailleurs sociaux (15 %) et de l’export (10%). Elle a l’ambition de se développer principalement par croissance externe, notamment en Ile-de-France.

L’entreprise réalise également des travaux à l’export, conformément à une tradition familiale perpétuée au fil des décennies. Elle est actuellement missionnée sur un premier chantier hors des frontières hexagonales, à savoir l’installation d’une centrale d’air à Erevan en Arménie pour le compte d’un client français. Autre legs du passé, Jules Cunin travaille toujours pour le secteur local de l'eau minérale, en l’occurrence les bureaux de Nestlé Waters qui exploite les eaux de Vittel, Contrexéville et Hépar sur le territoire. Une forme de retour aux sources.

De quoi se compose le groupe Jules Cunin ?

Outre Jules Cunin Vittel, le groupe Jules Cunin rassemble cinq autres sociétés dans son giron. Fondé en 2019, Cunin Industrie est spécialisé dans les opérations d’ingénierie clé en main pour l’industrie : fabrication de chaufferies biomasses, d’unités de méthanisation ou de cogénération, et de tuyauteries industrielles. Cette société de 20 salariés s’est notamment illustrée par la livraison en janvier dernier d’une spectaculaire infrastructure destinée à méthaniser 50.000 tonnes de déchets alimentaires par an, en cours d’installation au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

Le groupe compte également deux sociétés d’ingénierie œuvrant à l’international (Afrique, en Ukraine et dans d'autres pays d'Europe de l’Est) dans les domaines de l’énergie et de l’eau : Mep Contract et Enertex, toutes deux basées à Marseille. Enfin, deux autres entreprises ont été créées plus récemment, Les Cheminées Jules Cunin, et Jules Cunin OI (Océan indien), cette dernière société ayant vocation à porter les offres du groupe à Mayotte et Madagascar et dans les îles Maurice et de la Réunion. Au cumul, les six sociétés emploient 85 personnes, dont 35 en France.